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Miki Takeshima, professeure native de japonais originaire de Tokyo
Très jeune, je me suis intéressée à la culture française. Je ne saurais pas dire exactement d’où c’est venu. Une image, un film, quelque chose qui m’a attirée et qui n’est jamais reparti. voici une partie de mon aventure
De Tokyo à la France
Mon attachement à la France
Pendant mes études, j’ai beaucoup voyagé en Europe, et en France pour effectuer des stages.
Ces séjours ont été pour moi de véritables moments de découverte. Pendant mon temps libre, j’en profitais pour mieux connaître la culture française : sa cuisine, ses vins, mais aussi tout ce qui, pour beaucoup de Japonais, participe à l’image de la France.
J’écoutais surtout. Une langue que je ne comprenais qu’à moitié, des habitudes qui n’étaient pas les miennes, et cette sensation étrange de me sentir chez moi dans un endroit où je ne connaissais personne.
Pour perfectionner mon français, je me suis intéressée au cinéma , notamment aux films de la Nouvelle Vague. Et puis il y avait Paris, sa vie, ses musées, et la possibilité de découvrir de plus près ces maîtres de la peinture que j’aimais, comme Modigliani ou Matisse.
Cette période a conforté mon amour de la France. Au moment de repartir au Japon, je me suis fait une promesse : je reviendrai.
Quitter le japon
De retour au Japon après mes études, comme toute bonne Japonaise, j’ai commencé ma vie professionnelle. Ce fut dans le monde de la mode. C’était un métier intéressant, qui avait un avantage appréciable : je gardais un lien avec la France, et j’y ai beaucoup appris. Mais mes séjours en France m’avaient marquée et je gardais au fond de moi ce rêve : venir y vivre un jour. Ce genre de rêve qu’on n’annonce à personne, parce qu’on n’est pas encore sûre d’oser.
J’ai fini par oser. il faillait que je prenne une autre direction qui me plaise, dans la mode j’aimais le contact humain alors appres plus « projet métier je me suis arreter sur celui correspondant a mes valeurs la transmission, l’apprentissage du savoir et les échanges entre les cultures. j’ai repris des études et je suis devenus professeur de japonais
Aujourd’hui
Je reste très attachée à Tokyo, où vit ma famille et où je retourne régulièrement. On ne quitte jamais vraiment la ville où l’on a grandi. Le Japon fait toujours partie de moi, et je crois que c’est aussi en vivant en France que j’ai appris à le regarder autrement.
Vivre entre les deux cultures est toujours une source de surprises et de comparaisons. Je remarque souvent des différences dans les habitudes, la culture ou la façon de communiquer, alors je les note et je m’en sers ensuite dans mes cours.
J’aime le côté structuré de l’apprentissage du japonais, mais j’ai aussi voulu dépoussiérer un peu son enseignement. Le rendre plus vivant, plus actuel, et surtout plus proche du japonais que mes élèves vont vraiment rencontrer.
Si je devais résumer ma façon d’enseigner : avancer avec méthode, mais sans perdre la curiosité ni le plaisir.
Enseigner le japonais aux francophones
Avec les années, j’ai appris à reconnaître les difficultés qui reviennent souvent chez les élèves francophones. Je les vois arriver maintenant. Les particules qui ne veulent pas rentrer, le sujet qui disparaît de la phrase et qui déroute, ces niveaux de politesse qui semblent n’obéir à aucune logique quand on les découvre.
Mon rôle est de rendre ces mécanismes plus simples à comprendre, en les expliquant directement en français et, lorsque cela aide, en faisant des rapprochements entre les deux langues. J’ai appris le français en tant qu’adulte, je sais ce que c’est de buter cent fois sur la même chose.
Apprendre le japonais, ce n'est pas seulement apprendre de la grammaire ou du vocabulaire.
C’est comprendre pourquoi une phrase parfaitement correcte peut sonner faux. Pourquoi on ne s’adresse pas de la même façon à un collègue et à un commerçant. Ce qui se joue dans ce qu’on ne dit pas, et qui compte souvent plus que le reste. Ces choses-là, aucun manuel ne peut vraiment les enseigner. Elles se transmettent en parlant avec quelqu’un qui les a vécues.
C’est ce que j’aime dans ce métier. Le moment où un élève ne traduit plus dans sa tête, où il dit une phrase parce qu’elle lui vient. Ce moment-là, je ne m’en lasse pas.